01La réponse courte
02Ce qu'est un style, et ce qu'il n'est pas
Un style se reconnaît à trois choses : sa liste de kata, la façon dont il combat en compétition, et les organisations qui le représentent. Les kata disent d'où il vient — plusieurs styles partagent les mêmes formes sous des noms différents, les cinq Pinan d'Itosu Ankō, par exemple, que le Shotokan appelle Heian. Le format de compétition dit ce qu'il entraîne : combat au point, à contact contrôlé, ou plein contact. Et un style n'est pas une seule organisation : le Goju-Ryu se pratique sans compétition, au point ou en plein contact selon l'organisation, et le Kyokushin compte depuis 1994 plusieurs organisations dont aucune n'est « le Kyokushin officiel » — Les organisations du Kyokushin les nomme.
03Les cinq, en une carte d'identité chacun
- Shotokan. Fondé par Gichin Funakoshi ; le style dans lequel Oyama s'est formé d'abord. Positions longues et basses, entrée et sortie explosives depuis une grande distance, un programme de kata vaste et très codifié ; traditionnellement le kumite au point, à contact contrôlé. C'est le karaté que tout le monde imagine. Kyokushin ou Shotokan les met côte à côte.
- Goju-Ryu. Une lignée okinawaïenne qui remonte à Higaonna Kanryō et Chōjun Miyagi, le naha-te : combat rapproché, Sanchin et Tensho, respiration et conditionnement. Trois organisations, trois formats. Mas Oyama enseignait le Goju-Ryu dans son premier dojo en 1953, et Sanchin, Tensho, Gekisai et Saiha du Kyokushin sont des kata du Goju. Kyokushin ou Goju-Ryu raconte cet héritage.
- Wado-Ryu. Fondé en 1934 par Hironori Ōtsuka, héritier de quatrième génération du Shindō Yōshin-ryū, une école de jūjutsu — le nom « Wado » date de 1929. Un karaté dont la fédération inscrit une école de jūjutsu japonais dans son histoire fondatrice. Nous n'avons pas de comparaison Wado : nous ne le pratiquons pas, et nous n'en décrivons pas la technique.
- Shito-Ryu. Fondé par Kenwa Mabuni ; le nom réunit le 糸 d'Itosu Ankō, maître du shuri-te, et le 東 de Higaonna Kanryō, maître du naha-te — un nom qui réunit les deux lignées d'Okinawa ; la JKF le décrit comme une technique complète, projections et clés comprises. Pas de comparaison Shito non plus, pour la même raison.
- Kyokushin. Fondé par Masutatsu Oyama dans le Tokyo de l'après-guerre. Kihon, kata et kumite comme les autres ; ce qui le distingue est son format de compétition, le knockdown : frappes à pleine puissance au corps et aux jambes, pieds et poings nus, coups de pied à la tête autorisés, aucune frappe de poing au visage. Qu'est-ce que le Kyokushin ? est la page de fond.
04La vraie ligne de partage : au point ou plein contact
Entre Shotokan, Wado et Shito, les différences sont de posture, de distance et de répertoire ; leur compétition, sous la fédération japonaise et la fédération mondiale, est un combat au point à contact contrôlé. Le Goju-Ryu se trouve des deux côtés selon l'organisation. Le Kyokushin est de l'autre côté : le combat s'y tranche par knockdown ou par décision, et le corps encaisse. C'est cette ligne, bien plus que la forme des positions, qui décide de ce que vous ferez le mardi soir — et c'est celle qu'un débutant doit regarder en premier. À Montréal, une grande partie du karaté offert est au point ou semi-contact ; les clubs de plein contact en forment une petite part, et Karaté Kyokushin à Montréal dit comment les distinguer.
05Comment choisir
Trois questions, dans cet ordre. Quel format ? Si vous voulez toucher sans être touché, marquer des points et viser une compétition fédérale au point, un club de karaté Shotokan, Wado ou Shito vous conviendra mieux. Si vous voulez frapper et encaisser pour de vrai, c'est le plein contact, donc le Kyokushin ou l'une des organisations Goju qui le pratiquent. Quelle place pour les kata ? Aucun style ne s'en passe, mais leur poids dans l'heure varie plus d'un club à l'autre que d'un style à l'autre. Quel club ? La question qui tranche vraiment : comment les débutants sont pris en charge, comment le kumite est encadré, la filiation de l'instructeur, et si vous pouvez y aller en février. Pour un enfant, la réponse honnête est une bonne école de n'importe lequel — les mêmes questions valent pour toutes. Les comparaisons du site disent, art par art, ce que l'autre discipline entraîne et que le Kyokushin n'entraîne pas — et l'inverse.
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