01La réponse courte
02Le kihon est un catalogue, pas un échauffement
Les bases en lignes, c'est le format que les débutants lisent le plus mal. Cela ressemble à de la répétition pour elle-même. C'est en réalité l'endroit où tout le vocabulaire est rangé et tenu à jour : chaque position, chaque frappe, chaque blocage et chaque coup de pied du programme, appelé par son nom, exécuté au compte.
La manière de le mener varie. Certains dojos travaillent le kihon à l'arrêt, depuis une position fixe, et réservent le déplacement à un bloc distinct. D'autres en font l'essentiel en mouvement, d'un bout à l'autre du tatami. Des pratiquants décrivent les deux comme normaux, parce que les deux le sont : c'est un choix d'accent, pas un désaccord sur le contenu. Si vous visitez deux clubs et que les bases n'ont pas la même allure, c'est cela que vous voyez.
Sensei Alexandre Haché résume la progression d'une image qui parle à n'importe quel parent : « C'est comme lorsqu'un enfant apprend à écrire, pas à pas, en première année. Viennent ensuite les lettres, les mots, les phrases et en dernière les textes. »
03Les mains
Le catalogue des mains s'organise autour du seiken, le poing avant, envoyé en direct depuis la hanche ou depuis la garde. Autour de lui se placent les frappes qui utilisent une autre partie de la main ou une autre ligne d'attaque : l'uraken, le revers de poing, lancé et rappelé ; le shuto, le tranchant de la main ; le hiji-ate, le coude, à la distance où plus rien de plus long ne passe.
Deux d'entre elles entretiennent un rapport compliqué avec le règlement. Un tranchant de main ou un coude à la tête s'apprend et se note ; dans le règlement knockdown WKO, une frappe de main ou de coude au visage ou au cou est une faute assez grave pour valoir la disqualification. La technique est au programme. Elle n'est pas dans le combat.
04Les coups de pied
C'est là que le Kyokushin met l'essentiel de son volume : mae-geri devant, mawashi-geri circulaire, yoko-geri sur le côté, ushiro-geri derrière, hiza-geri du genou à courte distance, et le coup de pied circulaire bas à la cuisse qui a fait la réputation du style.
La hauteur est l'axe qui compte. Le même coup de pied circulaire se travaille gedan à la cuisse, chudan aux côtes et jodan à la tête, et les trois sont légaux sous le règlement knockdown. C'est assez inhabituel pour être dit franchement : la seule ligne que les règles ferment, c'est la main au visage, et les jambes restent autorisées à toutes les hauteurs, y compris à la base. Pourquoi le low kick, en particulier, justifie ce volume est un sujet en soi.
05Les blocages, et ce à quoi ils servent vraiment
Le jeu de blocages — jodan uke qui monte, soto et uchi uke de l'extérieur et de l'intérieur, gedan barai qui balaie vers le bas — se travaille à tous les grades, et les débutants concluent souvent, en regardant le kumite, qu'il est décoratif. La conclusion vient trop vite.
Ce que les blocages formels construisent, c'est une correspondance : une attaque arrive sur une ligne, un membre va à la rencontre de cette ligne. Dans un round à vitesse réelle, ce qui subsiste est en général plus petit que la version du kihon — une épaule qui tourne, un coude qui tombe, un tibia qui se lève pour prendre un coup de pied. La version formelle est la façon dont la correspondance s'apprend ; la version compressée est la façon dont elle s'emploie. Les pratiquants décrivent cette compression comme quelque chose qui arrive tout seul, pas comme un enseignement séparé.
06Les genoux, et la courte distance
Genoux et coudes appartiennent à la distance où le format vit réellement. Deux combattants en knockdown passent une grande partie du round à l'intérieur de la distance où un coup de pied long aurait de la place — c'est-à-dire exactement là où le hiza-geri fonctionne, et là où le coude fonctionnerait s'il était autorisé à la tête.
C'est l'illustration la plus nette de ce que dit cette page. Le règlement ne retire pas la courte distance du style. Il retire une cible à une arme, et tout le reste du catalogue se réorganise autour de ce retrait.
07Les kata portent ce que le règlement ne porte pas
Les formes contiennent de la matière qui n'a aucun chemin vers un combat knockdown : travail en main ouverte, saisies et dégagements, techniques dirigées vers des cibles que le règlement protège. Un élève est noté sur cette matière pendant toute une carrière de Kyokushin.
Ce n'est ni un oubli ni une pièce de musée, et c'est la seconde moitié de la raison pour laquelle un style de plein contact garde ses formes.
08Comment une technique devient utilisable
La séquence est la même d'un dojo à l'autre, même quand les proportions ne le sont pas. Une technique s'apprend par son nom et sa forme en kihon ; se porte en mouvement en ido-geiko ; se range dans une suite fixe en kata ; puis reçoit quelque chose qui résiste — pattes d'ours, sac, et à terme un partenaire.
L'étape que l'on saute quand on s'entraîne seul est celle de la résistance. Une technique qui fonctionne sur un sac a été testée contre un objet qui ne bouge pas, ne réduit pas la distance et ne rend pas les coups. Ce que le kumite ajoute, ce n'est pas de l'endurcissement ; c'est l'information que les trois autres étapes ne peuvent pas fournir.
09Pourquoi la distinction vous concerne
Si vous choisissez un style à partir de vidéos de tournoi, vous choisissez à partir d'une version montée. Ces images disent vrai sur ce qui gagne des combats et restent muettes sur ce que contient un mardi soir — et le mardi soir, c'est ce que vous ferez réellement.
L'erreur inverse est tout aussi courante. Un dojo qui enseigne un large catalogue ne vous apprend pas pour autant à combattre avec l'ensemble ; une technique jamais employée contre une résistance est une technique dont vous connaissez la forme. Les deux choses sont vraies en même temps, et la distinction entre le règlement et le programme est le point de départ de la confusion.
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Personne ne retient un vocabulaire technique en le lisant. Il rentre à force de l'entendre appeler, plusieurs fois par heure, pendant qu'on fait le geste. Notre programme Kyokushin présente l'organisation des groupes.
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