01La réponse courte
02Du combat codifié au combat libre
Dans les programmes de karaté traditionnel, notamment ceux du Shotokan, le combat s'apprend par étapes :
- Gohon kumite : cinq attaques annoncées, cinq blocages en reculant, une contre-attaque à la fin ;
- Sanbon kumite : le même exercice en trois attaques ;
- Kihon ippon kumite : une seule attaque annoncée, un blocage, une contre-attaque, dans une forme précise ;
- Jiyu ippon kumite : une attaque annoncée, mais lancée au moment choisi depuis une garde mobile ; le défenseur choisit sa réponse ;
- Jiyu kumite : le combat libre, sans annonce, où les deux partenaires attaquent et répondent à leur guise.
Les exercices convenus (gohon, sanbon, kihon ippon) portent aussi le nom général de yakusoku kumite, le « combat convenu » : l'attaque et la réponse sont décidées d'avance. Certaines écoles, dont des écoles Kyokushin, n'emploient que ce terme.
03Ce que l'ippon kumite apprend
Un exercice où l'on sait ce qui vient peut sembler artificiel. C'est justement son intérêt : l'erreur ne coûte pas cher, on peut donc se concentrer sur la façon de répondre. On y travaille :
- la distance : être assez loin pour ne pas être touché, assez près pour toucher en retour ;
- le moment : bloquer ni trop tôt ni trop tard ;
- la précision et le contrôle de la contre-attaque, portée à une cible, puis arrêtée ;
- le calme face à une attaque qui vient pour de vrai, même lentement au début.
C'est aussi sa limite : un adversaire réel n'annonce rien. L'exercice est un échelon, pas une fin.
04Le jiyu ippon kumite, l'étape du milieu
Les deux partenaires sont en garde et se déplacent. L'attaquant annonce sa cible, haute ou moyenne, et sa technique, puis attaque quand il le décide. Le défenseur doit lire ce moment, se déplacer, bloquer ou esquiver, et riposter une fois.
C'est le premier exercice où il faut choisir. On y découvre souvent qu'une technique propre dans le travail en lignes ne suffit pas sans le bon moment, et que bouger les pieds compte autant que bouger les bras.
05« Ippon » : un mot, deux sens
Dans « ippon kumite », ippon veut dire « un » : une attaque, un échange. Dans un tournoi Kyokushin, le même mot désigne la technique décisive. Sous le règlement de compétition de la WKO, l'ippon est une technique qui met vigoureusement l'adversaire au sol pendant plus de trois secondes : ce n'est pas un point qu'on marque en touchant, c'est un combat qu'on gagne.
Rien à voir, donc, avec l'exercice. L'ippon kumite enseigne une réponse ; l'ippon de compétition met fin à un combat.
06Et en Kyokushin ?
Le Kyokushin est surtout connu pour son combat libre, mais on n'y entre pas d'un coup. Les programmes de passage de grade varient selon les organisations : certains nomment des exercices convenus, d'autres l'ippon ou le sanbon kumite, d'autres ne les détaillent pas. À notre dojo, l'entrée suit une progression : d'abord des exercices à deux avec une attaque et une réponse définies, puis des échanges où l'un mène et l'autre répond, puis des rounds libres à faible intensité. Le kumite en Kyokushin décrit cette entrée et les régimes d'intensité.
À notre dojo, le kumite n'a lieu que sur l'autorisation ou l'instruction du Sensei : l'étiquette en fait une règle. Il se fait avec casque, gants et protège-tibias, sur des tapis amortis, sous l'encadrement d'un instructeur ceinture noire.
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