KarateIDS · Guide Kyokushin

Le kumite en Kyokushin

Presque tout ce qui s'écrit sur le kumite décrit un tournoi. Les tournois représentent une fraction infime du kumite que fait un pratiquant. Ce qui se passe un soir ordinaire se joue à plusieurs intensités, et savoir dans laquelle on se trouve est tout le savoir-faire.

01La réponse courte

Kumite veut dire combat, et dans un cours ordinaire il se mène par régimes : léger et technique pour apprendre, plus dur pour la mise sous pression, à l'intensité de compétition pour ceux qui préparent quelque chose. C'est l'instructeur qui fixe le régime et les paires. Un débutant ne commence pas en haut de cette échelle, et un dojo qui l'y place a commis une erreur, pas honoré une tradition.

02Le kumite d'entraînement n'est pas celui de compétition

La confusion se comprend, puisque toutes les images qui circulent viennent de compétitions. Mais le format de tournoi — ses rounds, son seuil de score, son arbitrage — sert à départager deux personnes un jour donné. Ce n'est pas la façon dont on s'entraîne quatre soirs par semaine pendant vingt ans, et cela ne pourrait pas l'être.

Le règlement encadre tout de même ce qui se pratique : pas de main ni de coude au visage, tout le reste au corps et aux jambes, mains et pieds nus. Le règlement WKO au complet est sur notre page consacrée au style. Ce qui change entre le tournoi et le mardi soir, ce n'est pas le livre de règles. C'est l'intensité, l'intention, et le fait que personne ne compte les points.

03Les régimes

Décrire le kumite comme une seule activité est la première source de malentendu sur ce style. Les pratiquants distinguent au moins trois régimes, et ils ne servent pas à la même chose.

Un dojo qui n'a qu'un seul régime vous dit quelque chose sur lui-même. Un dojo qui ne quitte jamais le plus bas aussi.

04Qui décide

Pas vous, et c'est le principe. L'instructeur décide quand il y a kumite, à quelle intensité, et qui travaille avec qui — et l'étiquette publiée de notre dojo en fait une règle écrite plutôt qu'une affaire de jugement au cas par cas. L'étiquette complète est en ligne ; la ligne qui compte pour un débutant est celle qui place la décision du côté du Sensei.

Cette règle travaille pour de vrai. Le kumite est le seul moment d'un cours où un débutant enthousiaste et un ancien tout aussi enthousiaste peuvent se faire du mal sans que ni l'un ni l'autre l'ait voulu. Retirer la décision aux deux est le mécanisme qui l'empêche.

05À quoi sert un round

Le kumite n'est pas un examen qu'on réussit. C'est la seule partie de la séance qui fournit une information que les autres ne fournissent pas.

Le kihon vous dit la forme d'une technique. Les pattes d'ours vous disent si vous savez y mettre du poids. Ni l'un ni l'autre ne vous dit si vous saurez trouver le moment de l'employer face à quelqu'un qui bouge aussi, décide aussi, et n'a aucune envie de vous laisser faire. Cette dernière information coûte cher et rien ne la remplace — c'est pourquoi un style qui aurait pu s'arrêter à l'étape des pattes d'ours ne s'y est pas arrêté.

L'effet secondaire est celui dont tout le monde parle : on apprend ce que le contact fait et on cesse de le craindre. C'est réel, et cela mérite d'être remis à sa place — c'est un résultat parmi d'autres, pas la raison d'être de l'exercice.

06Comment un débutant y entre

L'entrée se construit par paliers plutôt qu'elle ne s'accorde à une date. D'abord des exercices en binôme avec une attaque définie et une réponse définie, puis des échanges où l'un mène et l'autre répond, puis des rounds ouverts à basse intensité, le contact montant à mesure que la défense et le conditionnement suivent.

La durée dépend de la personne et de la lecture qu'en fait l'instructeur. La seule généralité qui tienne est négative : cela se compte en mois et non en semaines, et si un club met un adulte nouveau dans des rounds durs dès les premières séances, c'est une information sur le club.

À quoi ressemblent les premiers rounds, et les chiffres que rapportent les pratiquants pour un cours ordinaire, c'est sur notre page consacrée à l'entraînement.

07Le partenaire, c'est la moitié du travail

La part du kumite qui n'apparaît jamais dans les vidéos est la responsabilité qui circule dans l'autre sens. Un round ne fonctionne que si le plus expérimenté dose — assez de pression pour qu'il y ait quelque chose à apprendre, pas assez pour que l'autre ne puisse plus que survivre.

Les pratiquants citent cela plus souvent que la technique quand ils expliquent pourquoi ils sont restés dans un dojo ou en sont partis. C'est aussi une chose qui s'observe depuis le bord du tatami avant de s'engager : la façon dont une ceinture haute traite un partenaire bien moins expérimenté en dit plus en cinq minutes qu'un site web.

08Ce que le kumite n'enseigne pas

Sous ce règlement, le kumite ne construit pas de défense contre des mains qui viennent au visage, puisqu'il n'en arrive aucune. Il ne construit pas de jeu au sol, ni de corps à corps. Ce ne sont pas des manques à contourner à l'intérieur du kumite : ils sont hors du format, et nos comparaisons exposent ce que d'autres systèmes entraînent et que celui-ci n'entraîne pas.

Être clair là-dessus fait partie de ce qui permet de tirer du kumite ce qu'il donne.

À lire ensuite

Regardez un round avant d'y être

La façon dont un dojo mène son kumite est ce qui se juge le plus vite et ce qu'un site web transmet le plus mal. L'horaire indique quelles séances comportent du kumite.

Voir l'horaire