Avant de monter sur le tatami
Arrivez tôt. Des pratiquants qui ont accueilli des débutants conseillent trente minutes le premier jour, et la raison n'est pas l'échauffement : c'est la ceinture. La nouer correctement est, de l'avis de plusieurs, la chose la plus embarrassante du premier jour.
On salue en entrant sur l'aire d'entraînement. Puis on salue l'instructeur, puis les élèves gradés, dans l'ordre des grades — par grade et non par âge, ce qui déroute d'emblée les débutants occidentaux. À notre dojo, l'étiquette publiée est précise sur le retard : on s'assoit en seiza au fond de la salle en mokuso, on effectue ses saluts, et on attend le signal du Sensei avant de se joindre au groupe, pour ne pas perturber le cours. Autre règle publiée, que l'on trouve étrange avant d'avoir assisté à une séance : « vous devez toujours vous déplacer au pas de course lorsque l'instructeur vous donne un ordre ; ne marchez pas. » La liste complète est sur notre page d'étiquette du dojo.
L'échauffement, et le mot que vous direz cent fois
Mobilité articulaire, étirements, préparation physique générale. Chaque consigne est acquittée d'un « Osu », et vous l'emploierez davantage en une heure qu'en une semaine entière dans la plupart des autres arts martiaux.
Bon à savoir tôt, parce que personne ne le dit aux débutants : certains pratiquants gradés trouvent l'usage systématique du « Osu » artificiel et le disent ouvertement, faisant remarquer que c'est devenu un bruit réflexe plutôt que ce qu'il marquait à l'origine. C'est une convention de la salle, observée avec des degrés de conviction variables. Prenez-le comme de l'étiquette, pas comme un dogme.
Kihon — là où le volume se loge
Les bases en lignes : positions, blocages, frappes, coups de pied, comptés, répétés. C'est de là que viennent les chiffres, et ils sont plus élevés que les débutants ne l'imaginent. Les chiffres ci-dessous proviennent de témoignages individuels d'entraînement — des exemples de ce qu'une séance exigeante peut contenir, pas une norme sur laquelle chaque cours serait bâti.
Un témoignage note que le simple fait de lever la jambe à hauteur de visage est déjà difficile avant même d'aborder la technique. Vient ensuite l'ido-geiko — les mêmes bases exécutées en déplacement — qu'un pratiquant résume comme le moment où les cuisses commencent à trembler.
Pattes d'ours, sac et conditionnement du corps
Les rounds aux pattes d'ours et au sac sont l'endroit où la puissance se construit réellement, et ils ressemblent à ce qu'on imagine. Ce qui ne ressemble à rien de familier, c'est le hara-uchi (腹打ち) : le conditionnement abdominal en binôme, où l'on encaisse des frappes au ventre. Les visiteurs y voient souvent une épreuve de courage. C'est un exercice encadré — mais à quel point il l'est, et à quelle intensité, varie selon le dojo et selon l'instructeur, et c'est une question qu'il est raisonnable de poser avant de s'inscrire plutôt qu'après.
Kumite
Un cours ordinaire n'est pas un tournoi. Le chiffre que rapportent les pratiquants pour l'entraînement courant tourne autour de cinq rounds de deux minutes à environ cinquante pour cent. Un débutant termine généralement couvert de bleus sans que rien ne se soit mal passé. Dans un témoignage, un quadragénaire ayant fait du Muay Thai se décrit épuisé après deux rounds d'une minute trente — ce qui en dit plus sur les exigences propres à ce format que sur sa condition physique.
La chose la plus importante à savoir sur le kumite quand on débute est procédurale, et notre dojo la publie : « Le kumite n'est permis que lorsque le Sensei en donne la permission ou l'instruction. » Cette règle n'est pas un rituel. C'est elle qui empêche un débutant enthousiaste d'être envoyé dans un round auquel il n'est pas prêt.
La fin du cours
Les lignes se reforment. Shime (締め), une courte méditation assise, le dojo kun récité à voix haute, les saluts dans l'ordre des grades. Puis, dans beaucoup de dojos, tout le monde nettoie le plancher. Ce n'est pas un geste symbolique ajouté à la fin ; c'est compris comme faisant partie de la séance.
Ce qui varie d'un dojo à l'autre — beaucoup
C'est ici que quantité de descriptions en ligne induisent en erreur. Les pratiquants sont ouvertement en désaccord sur ce que contient un cours normal de Kyokushin, et ils disent tous la vérité sur leur propre dojo. Certains passent l'essentiel de l'heure sur le kihon et les kata. D'autres sont rapidement aux pattes d'ours puis en kumite. Un pratiquant compare son dojo de karaté défavorablement à sa salle de Muay Thai, estimant que seules deux séances hebdomadaires constituaient un vrai entraînement — un reproche adressé à son club, pas au style, et un rappel utile que les deux ne se confondent pas.
Un stage avec un shihan invité est encore autre chose. Un compte rendu d'un stage avec Shihan Wakiuchi décrit kihon, ido-geiko, travail de jambes, pattes d'ours, kata et kumite enchaînés, le groupe cordial et complètement lessivé à la fin.
La réponse honnête à « à quoi ressemble l'entraînement » est donc : cela dépend du dojo, et le seul moyen de le savoir est d'en observer un. Ce n'est pas une dérobade — c'est l'information la plus utile de cette page.
D'où viennent ces témoignages
Les descriptions de première main qui nourrissent cette page viennent de pratiquants écrivant en anglais, en japonais, en russe et en italien. Aucune n'est un compte rendu détaillé d'une première séance par un débutant occidental, et aucune n'est le témoignage d'une femme occidentale sur un cours adulte ordinaire — et ni l'un ni l'autre n'est inventé ici. Les chiffres de cette page viennent en grande partie de pratiquants assidus décrivant leur propre dojo. Lisez-les comme la forme d'un cours, pas comme une prédiction de votre premier mois.
À lire ensuite
Regardez-en un en entier, pas un extrait
Puisque la réponse est « cela dépend du dojo », le seul moyen de savoir à quoi ressemble l'entraînement chez nous est d'assister à une séance complète depuis le côté. Notre horaire indique quels groupes s'entraînent quand.
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