KarateIDS · Guide Kyokushin

Pourquoi si peu connu ?

Un style à l'histoire documentée, au circuit compétitif réel et à la réputation considérable chez les combattants reste une chose dont la plupart des gens n'ont jamais entendu parler. Les raisons sont structurelles, et celle dont les instructeurs parlent le plus n'est pas celle qu'on devinerait.

01La réputation n'est pas le problème

Chez les gens qui pratiquent les sports de combat, le Kyokushin est bien considéré — respecté précisément pour éprouver sa technique sous pression, y compris par des pratiquants critiques de son règlement. Quoi qui limite sa diffusion, ce n'est pas que les combattants en pensent du mal.

Cette asymétrie est tout le sujet de cette page : une bonne tenue à l'intérieur du monde des arts martiaux, une quasi-invisibilité à l'extérieur.

02L'accès est inégal, et il décide de tout

Ce que disent le plus souvent les gens qui ont voulu faire du Kyokushin et ne l'ont pas fait, c'est qu'il n'y avait pas de dojo près de chez eux. Cela revient assez souvent pour constituer un genre à part entière plutôt qu'une plainte individuelle.

Et cela s'aggrave tout seul. Moins de clubs, c'est moins de gens exposés au style, donc moins de futurs instructeurs, donc moins de clubs. Un style se diffuse là où il est déjà présent, et la répartition du Kyokushin est trouée d'une façon qui se renforce elle-même.

03Aucune organisation unique sous laquelle être visible

Après 1994, le style s'est fragmenté. Aujourd'hui l'IKO, la WKO Shinkyokushinkai, l'IFK, la KWF, le Kyokushin-kan et d'autres tiennent leurs propres compétitions, leurs grades et leurs calendriers.

Les conséquences pour un élève sont minces et nous les exposons sur la page consacrée au style. Celles qui touchent la visibilité ne le sont pas : aucun championnat n'est le championnat du Kyokushin, il n'y a pas de calendrier commun, et personne ne répond au nom du style entier quand on pose la question.

04Le plein contact filtre dans les deux sens

Le règlement rebute deux publics différents à la fois, pour des raisons opposées.

Pour beaucoup de gens venus du karaté traditionnel, le contact au corps à mains nues dépasse ce qu'ils attendent d'un loisir — et c'est une préférence légitime, pas un manque de courage.

Pour beaucoup de gens venus des sports de combat, cela reste du karaté : un karategi, un programme de grades, des kata, et une règle qui interdit de frapper au visage. La critique qu'ils en font est précise et mérite d'être prise au sérieux.

Être la mauvaise réponse pour ces deux groupes est une façon efficace de rester petit, et cela tient largement au format plutôt qu'à ce que fait un club.

05Une concurrence pour l'attention qu'il ne peut pas gagner

Depuis les années 1990, les disciplines qui ont le plus grandi sont celles qui avaient une vitrine télévisée. Le circuit compétitif du Kyokushin est réel et presque entièrement non diffusé hors de quelques pays, et le seul karaté que le grand public a vu aux Jeux était un format sans contact qui n'est pas celui-ci.

Il n'y a pas de correctif évident là-dedans. C'est la description d'un environnement médiatique, pas un problème qu'un dojo puisse régler.

06Ce dont les instructeurs parlent réellement

Demandez à des instructeurs pourquoi le style ne grandit pas : la réponse porte rarement sur la réputation ou les médias. Elle porte sur le fait de garder les adultes.

Un instructeur décrivant la perte d'élèves partis au taekwondo a reçu, d'autres instructeurs, la réponse la plus utile possible : demande-leur. Pas une théorie sur le marketing ou le niveau de contact — une recommandation d'aller voir, parce que les raisons sont en général précises, locales, et relatives au club plutôt qu'au style. Des instructeurs japonais décrivent le même schéma.

Cela recadre toute la question. Un style ne grandit pas parce qu'on le découvre ; il grandit parce qu'on y reste. Et la rétention se décide sur l'horaire, la qualité de l'enseignement, la façon dont un débutant est suivi à sa troisième semaine — les choses ordinaires de l'exploitation, dont aucune n'a à voir avec le fait que le Kyokushin soit le Kyokushin.

07Ce que c'est, de l'intérieur, qu'un style peu répandu

Les conséquences sont pratiques plutôt que tragiques, et elles vont dans les deux sens.

Contre : il faut parfois se déplacer, votre club peut être le seul à une heure à la ronde, et s'il ferme il n'y a pas de solution de repli. Les passages de grade et les stages peuvent imposer d'aller ailleurs.

Pour : les petits clubs sont rarement tenus comme des commerces d'abord, les effectifs permettent à l'instructeur de corriger des individus, et les gens qui font vivre un club marginal pendant vingt ans le font en général pour des raisons qui se voient dans l'enseignement.

08Ce qui fait vivre un dojo

Ce qui revient, chez les clubs qui ont tenu des décennies, n'a rien de spectaculaire : un horaire compatible avec des adultes qui travaillent, une vraie porte d'entrée pour les débutants, un enseignement qui corrige au lieu de compter, et une salle où les gens ont envie d'être. Aucune de ces choses n'est une propriété du style.

C'est aussi pourquoi juger le club plutôt que le style est le conseil qui revient de page en page.

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Être petit a un avantage

Peu de clubs, cela veut dire que ceux qui existent sont en général tenus par des gens qui le font pour autre chose que l'échelle. Cela se vérifie sur place.

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